Au 86 de la via Condotti, pousser les portes du Caffè Greco, c'est retrouver, dans un décor néoclassique qui n'a guère changé depuis l'ouverture du lieu dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, l'écho d'anecdotes ou d'événements vécus par les célébrités qui visitèrent Rome depuis lors. Parmi elles, Stendhal qui ne vint que de temps à autre et Liszt qui y venait régulièrement lors de chacun de ses séjours romains et qui s'installait dans la salle bordée de banquettes que l'on nomme pour cette raison "l'omnibus".
C'est à l'une des tables de ce café que Gogol écrivit de nombreuses pages de son roman "Les Âmes mortes". C'est là que le philosophe Schopenhauer fut pris à partie par les jeunes peintres allemands qu'étaient les Nazaréens pour avoir, selon eux, insulté la nation allemande. Schopenhauer, menacé par les cannes brandies par les peintres, quitta les lieux en bougonnant : "La nation allemande ne peut se vanter d'avoir en moi un patriote..."
Une rencontre troublante faite dans ce café décida peut-être, au XVIIIe siècle, de la carrière d'un jeune abbé alors au service du cardinal Acquaviva. Il vit rentrer une personne dont la beauté était telle qu'il crut qu'il s'agissait d'une femme habillée en homme. Le convive assis à la même table que l'abbé l'assura qu'il se trompait car la personne en question était le castrat Beppino della Mannana. L'abbé ne voulut pas le croire. Appelé à leur table, Beppino ne parvint pas à convaincre l'abbé qu'il était bel et bien un homme. A court d'arguments, il proposa à cet abbé de passer la nuit avec lui et de jouer, selon son désir, le rôle de l'homme ou de la femme. Au moment de prendre congé, il demanda son nom au jeune abbé qui répondit : Casanova.
Renseignements pratiques
Caffè Greco
via Condotti 86 - 00187 Roma
Tél. (0039) 066 791700
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