Je vous propose un itinéraire qui prend le départ d’un des endroits du centre historique que j’aime le plus : le couvent de Santa Maria di Castello (salita di Santa Maria di Castello, 15), centre monastique fondé sur la colline qui fut le noyau de la Gênes préromaine (site officiel en italien).
Une fois entré dans la solennelle église romane, une porte du transept droit donne accès à un petit musée (gratuit) qui abrite les trésors du couvent. Les salles entourent trois cloîtres dont l’un avec des fresques qui représentent une intéressante Annonciation, dans un style rigoureusement nordique inusuel à ces latitudes, de Just de Ravensburg, un artiste allemand de passage à Gênes.
Le deuxième cloître cache un jardin magique, d’orangers et d’arbustes un peu sauvages. C’est mon oasis de paix ou je me réfugie pour échapper à la confusion et aux bruits du centre ville.
A côté de l’église se dresse la tour médiévale des Embriaci. On peut avancer le long de la rue Santa Maria di castello, la rue qui monte entre la tour et l’église pour arriver à la Place Sarzano. A la droite de l’église du XVIIIème siècle, peinte en rouge brique intense, couleur typique des façades de la ville, descend une petite ruelle qui mène à Campopisano, vestige d’un quartier populaire médiéval entouré d’immeubles hauts et étroits et pavé du traditionnel « risseu », galets de mer blancs et noirs disposés de façon à créer différents dessins et décorations, le jardin du Palazzo reale en montre un exemple particulièrement intéressant.
Si nous remontons jusqu’à la place Sarzano, nous trouvons le Musée de Sant’Agostino, consacré aux sculptures de la ville. Si on n’a pas envie de visiter le musée, on peut à tout le moins donner un coup d’œil au cloître d’entrée, qui est triangulaire et qui permet d’admirer le beau clocher médiéval de Sant’Agostino. L’église est aujourd’hui désacralisée et utilisée en tant qu’espace d’exposition.
Souvent on peut trouver ouverte une porte qui mène du cloître à la place Sant’Agostino. La colline face à l’église, lourdement bombardée pendant la seconde guerre mondiale a été récupérée dans les années 70, en construisant le grand bâtiment de la faculté d’architecture. Les jours ouvrables, l’université est ouverte et il est très intéressant de monter au dernier étage où les structures modernes ont englobé le cloître d’une autre ancienne église et s’aventurer sur la terrasse panoramique sur la gauche, avec vue sur le port.
Puis vous revenez sur vos pas et vous descendez le Stradone Sant’Agostino vers le clocher octogonal San Donato et d’ici vous choisissez dans un enchevêtrement de ruelles, si vous poursuivez et vous visitez les « carruggi » dans la via dei Giustiniani ou via di San Bernardo, à la découverte d’autres petites places et d’autres palais, ou si vous sortez vers des espaces plus grands, en direction du Palazzo ducale et de la Cathédrale. Tout ça dans un labyrinthe infini de ruelles, qui un moment donné poussent à se demander : « Mais comment suis-je arrivé ici ? »
Le soir, je conseille de se régaler avec un dîner typique à la Taverna di Colombo, dans le Vico della Scienza 6/R (R pour Rosso, rouge. A Gênes les commerces ont une numérotation à part, de couleur rouge, indépendante de celle des adresses privées).
Parmi les autres zones de Gênes que j’aime particulièrement, il y a la passeggiata Anita Garibaldi à Nervi, dans la partie la plus à l’est de la ville. Pour y arriver prenez le bus 17 et descendez au terminus. La passeggiata (promenade) est une rue piétonne le long de la côte rocheuse. Sinon je vous conseille une visite à Boccadasse, ancien bourg de pêcheurs. Pour y arriver prendre le bus 42 dans le centre et descendre au terminus). Il s’agit d’un grumeau de maisonnettes colorées sur une minuscule « cala » crique, pour les bateaux des pêcheurs. Boccadasse est devenu un endroit à la mode pour l’apéro dînatoire. A propos d’apéritif, depuis plusieurs années les Génois ont importé de Milan et de Turin l’habitude des apéritifs généreux. Avec la boisson que vous commandez on vous apporte aussi une planche avec plein de petits « stuzzichini », amuse-gueules, d’une telle quantité que souvent, après, on peut se passer du dîner.




Commentaires
Merci Elise pour cette description alléchante. Genova, j'adore cette ville et j'y vais souvent. Grâce à ton itinéraire, la prochaine fois je la regarderai avec des yeux différents.
Évaluer ce commentaire
5/5