Fondée officiellement, selon la tradition, le 3 Mai 1168, Alessandria prend son nom pour rendre honneur au Pape Alexandre III, fier opposant de l’Empereur Frédéric
Barberousse et défenseur de la Ligue Lombarde. Le mot de la ville est: “Deprimit elatos, levat Alexandria stratos”: Alessandria humilie les orgueilleux, élève les humbles.
Une promenade parmi les rues du centre suffit pour saisir les indices de l’histoire de la ville: art et architecture sont précieuses témoignages de la culture d’Alessandria. L’emplacement archéologique de Villa del Foro, près de la ville d’Alessandria, révèle les installations de l’âge romaine et pré-romaine: ici s’élève l’Antiquarium, qui rassemble et expose les pièces archéologiques découvertes.
Le Borgo Rovereto avec l’église de Santa Maria di Castello, dont la fondation remonte au IX ème siècle, représente le cœur ancien de la ville. C’est dans le Moyen Âge que la ville devient le siège d’importants ordres religieux, témoigné par la présence dans la ville du Mouvement des Umiliati. Dés le début du XIV ème siècle, la ville se trouve sous la protection des Visconti de Milano, au milieu du XVème siècle sous les Sforza: à cette époque remontent les fresques du cycle arthurien, récupérés de la Tour de Frugarolo, restaurés et placés aujourd’hui dans les Sale d’arte.
Au XVIIIème siècle, Alessandria, et tout le Piémont, sont territoires de Savoie. Grâce à la position stratégique de la ville le règne de Savoie décide d’élargir sa vocation militaire avec la construction de la Cittadella, exemple d’architecture militaire unique et sans égal. Aujourd’hui elle est devenue siège de manifestations et d’événements de prestige parmi lesquels à partir de 2010, une édition renouvelée de la traditionnelle Fiera di San Giorgio.
Au XIXème siècle, le Piémont est proie des visées expansionnistes de Napoléon Bonaparte. À Marengo, le 14 juin 1800, les Français gagnent la bataille contre les Autrichiens: à Spinetta Marengo, village à quelques kilomètres du centre ville, on a construit un musée pour rappeler les hauts faits de Napoléon.
Pendant l’indépendance italienne, Alessandria est une vivante ville libérale: avec Santorre di Santarosa commence la saison des mouvements populaires du mars 1821 et dans la Cittadella flotte pour la première fois le drapeau italien.
Expression de la Belle Époque sont: Galleria Guerci, Piazzetta della Lega Lombarda et Piazza Garibaldi, “la plus jolie de la ville”. C’était les années du développement industriel et de la naissance d’entreprises comme la Paglieri Cosmétique et les Chapeaux Borsalino très actives encore aujourd’hui.
A partir du 1930, grâce à la collaboration entre l’architecte milanais di Santarosa, Ignazio Gardella et son commettant Teresio Borsalino, propriétaire de l’usine de chapeaux, Alessandria devient une expression importante du Rationalisme italien. Gardella réalise la Casa Madre Istituto Divina Provvidenza, la Taglieria del Pelo et surtout, le Dispensario Antitubercolare, chef-d’œuvre rationaliste et en même temps premier exemple du dépassement de ce mouvement.



